Ressources numériques en sciences humaines et sociales OpenEdition Nos plateformes OpenEdition Books OpenEdition Journals Hypothèses Calenda Bibliothèques OpenEdition Freemium Suivez-nous

Filles et pouvoirs dans la fantasy de Pierre Bottero

C’est avec une immense joie que je vous annonce la parution de l’ouvrage issu de ma thèse consacrée aux héroïnes de Pierre Bottero aux éditions UGA.

Parution le 3 septembre 2026, disponible dès à présent en précommande auprès de vos librairies habituelles.

Résumé :

« Ewilan, Ellana, Shaé, Nawel ou encore Eejil, telles sont les héroïnes emblématiques du cycle de Gwendalavir de Pierre Bottero. Publié à partir de 2003, il connaît un succès retentissant et marque de son empreinte les littératures de jeunesse et la fantasy contemporaines. En ouvrant les portes de ses mondes imaginaires, Bottero a ouvert la voie aux héroïnes dans des champs où elles ont longtemps été de grandes oubliées : volontiers magiciennes et guerrières, figures féeriques ou chasseresses, ses personnages offrent de nouveaux modèles féminins, puissants et indépendants. 
Mais, si ses œuvres accordent aux filles la première place, leur permettent-elles vraiment d’échapper aux représentations féminines traditionnelles, de leur résister, voire de subvertir les normes de genre ? 
C’est ce que cet ouvrage vous invite à découvrir, en suivant leur parcours de La Quête d’Ewilan (2003) au Chant du troll (2010). »

Un monde d’autrices et d’héroïnes ? Étude sur la fantasy jeunesse de l’année 2023

Introduction

Alors que les études du Centre National du Livre confiées à Ipsos montrent une baisse du temps de lecture des jeunes Français·es[1], le secteur de l’édition jeunesse continue d’occuper de larges parts de marché et d’être prolifique sur notre territoire (les ventes se maintiennent et son chiffre d’affaires tend à l’augmentation[2]). Dans ce secteur, et pour le segment roman, certains genres se démarquent particulièrement : le roman d’aventures, les littératures de l’imaginaire et la romance – portée par le phénomène de la new romance.
            Dans l’étude « Les jeunes Français et la lecture[3] » de 2024, les littératures de l’imaginaire se classent deuxièmes dans le palmarès des genres romanesques les plus lus par les lecteurs et lectrices loisirs (en premier : le roman d’aventures), c’est-à-dire une population lisant pour le plaisir et non par contrainte. C’est aussi ce que souligne Lire magazine dans son édition spéciale « Ce que lisent les jeunes en 2024 » :

            De son côté, l’Observatoire de l’imaginaire, qui fournit de nombreuses données sur la SFFF (science-fiction, fantasy, fantastique), indique que les secteurs jeunesse et Young Adult représentent environ 30 % des sorties imaginaire[5], soit une part non négligeable du marché des littératures de l’imaginaire.
            C’est à un des genres de ces « littératures de l’imaginaire » que nous proposons de nous intéresser : celui de la fantasy. Bien que les recherches universitaires consacrées à l’imaginaire se développent depuis une vingtaine d’années, les travaux demeurent encore peu nombreux, particulièrement sur la production française et les titres destinés à la jeunesse.
            À travers une étude statistique menée sur les romans de fantasy jeunesse parus en 2023, nous viserons à sonder la production éditoriale contemporaine afin d’en dégager des caractéristiques et tendances majeures. Il s’agira de donner une image du paysage actuel, qui gagnerait à être comparée à des études similaires sur d’autres années. Après quelques considérations méthodologiques et générales, qui dessineront un aperçu du marché, nous orienterons notre réflexion vers une analyse au prisme du genre[6] et de la parité.
            Jusqu’à présent, les études menées sur les littératures de jeunesse, peu importe le support examiné, montrent de façon récurrente une sous-représentation des personnages féminins[7], à la fois dans les histoires (la diégèse), les titres ou les illustrations de couverture. Cette sous-représentation n’est pas sans conséquence sur la construction des enfants et adolescent·es[8]. Cependant, ces études chiffrées se concentrent bien souvent sur la production destinée aux enfants uniquement, particulièrement les albums, et peu sur la littérature adolescente et le roman, en termes quantitatifs tout du moins. Notre ambition est donc de fournir quelques données sur ces segments, bien que nous n’en examinions qu’un échantillon à travers un genre littéraire donné. Ainsi, nous nous demanderons si femmes et filles trouvent leur place dans la fantasy jeunesse. Dans ce genre de tous les possibles, où toutes les magies sont permises et où des mondes alternatifs sont souvent offerts, l’égalité a-t-elle droit de cité ?

Continuer la lecture de Un monde d’autrices et d’héroïnes ? Étude sur la fantasy jeunesse de l’année 2023

Se diluer dans l’autre, se fondre dans l’ailleurs. L’ensauvagement de Violette Hurlevent : une quête pour se trouver

Cet article fait partie de l’ouvrage collectif
Amazones et femmes sauvages de la littérature médiévale à l’imaginaire contemporain
paru aux éditions Classiques Garnier en 2023.

Vous pouvez retrouver cet ouvrage ici.

 

Amazones et femmes sauvages de la littérature médiévale à l’imaginaire contemporain sous la direction d’Elise d’Inca & Florie Maurin
© Classiques Garnier, 2023.

Violette Hurlevent et le Jardin Sauvage par Paul Martin & Jean-Baptiste Bourgois
© Sarbacane, 2019. Illustration de couverture : Jean-Baptiste Bourgois.

Résumé :

À travers la duologie de fantasy jeunesse Violette Hurlevent de Paul Martin et Jean-Baptiste Bourgois, nous nous proposons d’étudier le processus d’ensauvagement de l’héroïne. En pénétrant dans un jardin merveilleux, Violette devient une enfant ensauvagée : elle communie avec la nature qui l’entoure, s’animalise et se métamorphose en fille-louve. Loin de la priver de son humanité, la sauvagerie lui permet au contraire de se construire et, finalement, lui est salvatrice.

Mots-clefs : altérité ; animalisation ; enfant sauvage ; fantasy ; identité ; initiation ; littérature de jeunesse ; merveilleux ; nature

 
 

 

Ruines, dévoration végétale et cité magique : la ville comme miroir de l’enfant dans Le chant du troll

Cet article s’inscrit dans le 23e numéro de la revue Strenæ sur le thème
« La ville et l’enfant : images, récits, espaces » (dir. Christophe Meunier)

Vous pouvez le retrouver intégralement en libre accès ici.

Le chant du troll par Pierre Bottero
© Rageot 2010. Illustration de couverture et illustrations intérieures : Gilles Francescano.

Résumé :

Roman illustré destiné à la jeunesse, Le chant du troll, de Pierre Bottero et Gilles Francescano, met en lumière le voyage d’une fillette, Léna, qui abandonne progressivement le monde des vivants pour gagner un ailleurs. En raison d’un mystérieux « basculement », l’enfant voit la ville dans laquelle elle a vécu être sauvagement envahie par la nature. Cette dévoration végétale, qui contribue à créer des fissures dans les espaces, est signifiante : elle rend compte des déchirements des personnages et, en premier lieu, de celui de Léna. Si sa ville se fracture peu à peu, la petite fille trouve toutefois une voie de salut dans une cité magique. Ce sont ces différents espaces – urbains, naturels et merveilleux – que nous nous proposons d’étudier au prisme d’une analyse symbolique, révélatrice du jeu de miroir instauré dans l’œuvre.

 

 

(Dé)constructions : ingénieures, mécaniciennes et inventrices en littératures de jeunesse

Concevoir, fabriquer, réparer : telles sont les activités de certains personnages présents dans les littératures de jeunesse. Traditionnellement, ces travaux à la fois théoriques et manuels sont associés au genre masculin[1] et l’on voit fleurir de nombreux personnages qui s’y livrent dans la fiction, à l’image de David Kostyk dans Grisha de Leigh Bardugo, du père de Tobie Loness dans le roman éponyme de Timothée de Fombelle, de Sid, le terrible voisin d’Andy dans Toy Story, de Bob le Bricoleur ou Jimmy Neutron. Ces figures se conjuguent volontiers avec d’autres, comme celle du magicien pour David Kostyk ou du savant fou pour Sid (l’expression « savante folle » est d’ailleurs bien plus rare, comme le personnage qu’elle désigne).
            Quelques figures féminines émergent toutefois dans les littératures jeunesse dont certains romans proposent des ingénieures, des mécaniciennes et des inventrices de talent. Si les termes de cette triple dénomination ne renvoient pas aux mêmes réalités, notons qu’ils dialoguent souvent entre eux dans les fictions que nous avons étudiées. Ainsi, certaines inventrices fabriquent elles-mêmes les objets qu’elles ont imaginés, des mécaniciennes réparent des machines tout en en inventant d’autres, tandis que le métier d’ingénieure se dessine devant plusieurs personnages.
            Après avoir esquissé un portrait de ces protagonistes, souvent brillantes, nous interrogerons leur capacité à subvertir les normes genrées. Par les rôles qu’elles occupent, ces figures féminines parviennent-elles finalement à déjouer les stéréotypes, à faire fi des injonctions sociales ? Notons d’ailleurs que certaines d’entre elles vont à l’encontre des règles établies dans leurs sociétés respectives et souhaitent, parfois, renverser le système en place. La question de l’égalité et des droits des femmes sous-tend d’ailleurs la plupart des romans, de façon explicite ou voilée. Les personnages d’ingénieures, de mécaniciennes et d’inventrices semblent particulièrement bien se prêter à l’incarnation de figures contestataires, elles qui transgressent déjà les normes par leurs fonctions.
            Dans le but de mettre en lumière des figures féminines marginales, qui s’extirpent des représentations traditionnelles, voire sexistes, nous examinerons sept romans contemporains, parus entre 1999 et 2022 qui appartiennent majoritairement au genre de la fantasy : Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire (Lemony Snicket), La Passe-miroir (Christelle Dabos), Les Mystères de Larispem (Lucie Pierrat-Pajot), Engrenages et Sortilèges (Adrien Tomas), Aberrations (Joseph Delaney), La Ville sans vent (Éléonore Devillepoix) et Le Club du Calmar Géant (Alex Bell).

Continuer la lecture de (Dé)constructions : ingénieures, mécaniciennes et inventrices en littératures de jeunesse

Compte-rendu : Hermione Granger. Lectrice de Harry Potter

Tanguy Habrand

(Les Impressions Nouvelles, 2022)

© Les Impressions Nouvelles. Illustration de couverture : Jack Durieux.

 

 

Continuer la lecture de Compte-rendu : Hermione Granger. Lectrice de Harry Potter