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Filles et pouvoirs dans la fantasy de Pierre Bottero

C’est avec une immense joie que je vous annonce la parution de l’ouvrage issu de ma thèse consacrée aux héroïnes de Pierre Bottero aux éditions UGA.

Parution le 3 septembre 2026, disponible dès à présent en précommande auprès de vos librairies habituelles.

Résumé :

« Ewilan, Ellana, Shaé, Nawel ou encore Eejil, telles sont les héroïnes emblématiques du cycle de Gwendalavir de Pierre Bottero. Publié à partir de 2003, il connaît un succès retentissant et marque de son empreinte les littératures de jeunesse et la fantasy contemporaines. En ouvrant les portes de ses mondes imaginaires, Bottero a ouvert la voie aux héroïnes dans des champs où elles ont longtemps été de grandes oubliées : volontiers magiciennes et guerrières, figures féeriques ou chasseresses, ses personnages offrent de nouveaux modèles féminins, puissants et indépendants. 
Mais, si ses œuvres accordent aux filles la première place, leur permettent-elles vraiment d’échapper aux représentations féminines traditionnelles, de leur résister, voire de subvertir les normes de genre ? 
C’est ce que cet ouvrage vous invite à découvrir, en suivant leur parcours de La Quête d’Ewilan (2003) au Chant du troll (2010). »

Dans les tréfonds des forêts alaviriennes : l’imaginaire sylvestre dans la fantasy de Pierre Bottero

Cet article fait partie de l’ouvrage collectif
La forêt est une métaphore. Actes du colloque sur l’imaginaire de la forêt
dirigé par Hélène Gallé et Yvon Houssais, paru aux Presses universitaires de Franche-Comté le 18/06/2026.

Vous pouvez retrouver cet ouvrage ici.

Résumé :

Malaverse, la forêt d’Ombreuse, la forêt de Baraïl, la Forêt Maison des Petits, tels sont quelques environnements sylvestres que l’on trouve dans le cycle de Gwendalavir de Pierre Bottero. Les forêts des trilogies La Quête d’Ewilan (2003), Les Mondes d’Ewilan (2004-2005) et Le Pacte des Marchombres (2006-2008) alternent principalement entre deux pôles : elles constituent des espaces de refuge qui se font cocon, mais aussi des lieux périlleux pour les aventurières qui se risquent à les arpenter. La forêt est le lieu qu’on habite et le lieu qu’on traverse, mais elle est également un lieu-frontière qui sert de passage entre les mondes, un aspect hérité des textes du Moyen Âge, en particulier de la littérature arthurienne. Dans une perspective symbolique, nous nous attachons à donner un aperçu de l’imaginaire sylvestre de Pierre Bottero à travers deux motifs, la forêt refuge et la forêt périlleuse, avant de nous intéresser à un autre environnement pouvant être mis en parallèle de la forêt : le désert.

Mots-clefs : désert ; espaces imaginaires ; fantasy ; forêt ; littérature de jeunesse ; Pierre Bottero.

Illustration en tête d’article : La forêt de Baraïl illustrée par Benoît Ciarlo, couverture de l’artbook La Quête d’Ewilan © Andarta Pictures.

Un monde d’autrices et d’héroïnes ? Étude sur la fantasy jeunesse de l’année 2023

Introduction

Alors que les études du Centre National du Livre confiées à Ipsos montrent une baisse du temps de lecture des jeunes Français·es[1], le secteur de l’édition jeunesse continue d’occuper de larges parts de marché et d’être prolifique sur notre territoire (les ventes se maintiennent et son chiffre d’affaires tend à l’augmentation[2]). Dans ce secteur, et pour le segment roman, certains genres se démarquent particulièrement : le roman d’aventures, les littératures de l’imaginaire et la romance – portée par le phénomène de la new romance.
            Dans l’étude « Les jeunes Français et la lecture[3] » de 2024, les littératures de l’imaginaire se classent deuxièmes dans le palmarès des genres romanesques les plus lus par les lecteurs et lectrices loisirs (en premier : le roman d’aventures), c’est-à-dire une population lisant pour le plaisir et non par contrainte. C’est aussi ce que souligne Lire magazine dans son édition spéciale « Ce que lisent les jeunes en 2024 » :

            De son côté, l’Observatoire de l’imaginaire, qui fournit de nombreuses données sur la SFFF (science-fiction, fantasy, fantastique), indique que les secteurs jeunesse et Young Adult représentent environ 30 % des sorties imaginaire[5], soit une part non négligeable du marché des littératures de l’imaginaire.
            C’est à un des genres de ces « littératures de l’imaginaire » que nous proposons de nous intéresser : celui de la fantasy. Bien que les recherches universitaires consacrées à l’imaginaire se développent depuis une vingtaine d’années, les travaux demeurent encore peu nombreux, particulièrement sur la production française et les titres destinés à la jeunesse.
            À travers une étude statistique menée sur les romans de fantasy jeunesse parus en 2023, nous viserons à sonder la production éditoriale contemporaine afin d’en dégager des caractéristiques et tendances majeures. Il s’agira de donner une image du paysage actuel, qui gagnerait à être comparée à des études similaires sur d’autres années. Après quelques considérations méthodologiques et générales, qui dessineront un aperçu du marché, nous orienterons notre réflexion vers une analyse au prisme du genre[6] et de la parité.
            Jusqu’à présent, les études menées sur les littératures de jeunesse, peu importe le support examiné, montrent de façon récurrente une sous-représentation des personnages féminins[7], à la fois dans les histoires (la diégèse), les titres ou les illustrations de couverture. Cette sous-représentation n’est pas sans conséquence sur la construction des enfants et adolescent·es[8]. Cependant, ces études chiffrées se concentrent bien souvent sur la production destinée aux enfants uniquement, particulièrement les albums, et peu sur la littérature adolescente et le roman, en termes quantitatifs tout du moins. Notre ambition est donc de fournir quelques données sur ces segments, bien que nous n’en examinions qu’un échantillon à travers un genre littéraire donné. Ainsi, nous nous demanderons si femmes et filles trouvent leur place dans la fantasy jeunesse. Dans ce genre de tous les possibles, où toutes les magies sont permises et où des mondes alternatifs sont souvent offerts, l’égalité a-t-elle droit de cité ?

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Se diluer dans l’autre, se fondre dans l’ailleurs. L’ensauvagement de Violette Hurlevent : une quête pour se trouver

Cet article fait partie de l’ouvrage collectif
Amazones et femmes sauvages de la littérature médiévale à l’imaginaire contemporain
paru aux éditions Classiques Garnier en 2023.

Vous pouvez retrouver cet ouvrage ici.

 

Amazones et femmes sauvages de la littérature médiévale à l’imaginaire contemporain sous la direction d’Elise d’Inca & Florie Maurin
© Classiques Garnier, 2023.

Violette Hurlevent et le Jardin Sauvage par Paul Martin & Jean-Baptiste Bourgois
© Sarbacane, 2019. Illustration de couverture : Jean-Baptiste Bourgois.

Résumé :

À travers la duologie de fantasy jeunesse Violette Hurlevent de Paul Martin et Jean-Baptiste Bourgois, nous nous proposons d’étudier le processus d’ensauvagement de l’héroïne. En pénétrant dans un jardin merveilleux, Violette devient une enfant ensauvagée : elle communie avec la nature qui l’entoure, s’animalise et se métamorphose en fille-louve. Loin de la priver de son humanité, la sauvagerie lui permet au contraire de se construire et, finalement, lui est salvatrice.

Mots-clefs : altérité ; animalisation ; enfant sauvage ; fantasy ; identité ; initiation ; littérature de jeunesse ; merveilleux ; nature

 
 

 

La thèse de doctorat en littérature : conseils à l’usage des (futur·es) doctorant·es

            En cette période de soutenances de mémoires et de potentielles inscriptions en doctorat, je propose quelques conseils pratiques, d’ordre général, aux (futur·es) doctorant·es de lettres. Possiblement, ces conseils peuvent s’appliquer à d’autres disciplines, mais je me contenterai de parler du domaine que je connais : la littérature.
            La thèse n’est pas une course, tant s’en faut, mais il est parfois difficile, selon nos situations, de travailler de nombreuses années sur un sujet, que ce soit pour des raisons pécuniaires, familiales, administratives, comme psychologiques. J’ai écrit la mienne en deux ans et demi, comme d’autres docteur·es l’ont fait avant moi et le feront après, même si cela est parfois mal perçu (trop long, ça ne convient pas ; trop court, ça en agace certain·es). Pour autant, je ne referais pas les choses différemment si cela m’était donné.
            Je ne détiens pas le savoir absolu. Aussi, renseignez-vous auprès d’autres personnes, écoutez d’autres voix pour essayer de vous constituer votre répertoire de trucs et astuces afin d’être efficace dans votre travail de recherche et de rédaction.
            Voici une liste de ce que j’ai pu appliquer, de recommandations, et d’éléments que j’aurais aimé connaître en début de thèse pour mieux vivre mon doctorat et préparer la suite, l’après-thèse, qui arrive plus vite qu’on ne le pense :

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L’Ouest Hurlant et la fantasy jeunesse

Avant de partir pour L’Ouest Hurlant, le festival des cultures de l’imaginaire de Rennes (4-5 mai 2024), je rédige ce billet à toute allure afin de donner quelques indications sur la présence de la fantasy jeunesse (enfant/ado/YA) au sein du festival.

 

Tout d’abord, le prix jeunesse 2024. Cette année, il a été décerné à Ariane Guézouli pour son premier roman, La Tourneuse de vent, publié chez Rageot en août 2023.

J’avais lu et recommandé ce livre à l’occasion de mes recommandations quotidiennes de fantasy jeunesse française du mois d’octobre dernier. Je remets ici ma présentation du livre :

Empêtrée dans une affaire de maléfice, Sophie tente vaille que vaille de secourir sa sœur métamorphosée en poule. Pour cela, elle part en quête de solutions et intègre une compétition pour devenir l’apprentie du Sorcier des Lumières. Un roman astucieux, au ton léger et au rythme rapide, avec de nombreuses péripéties où se perçoit vivement l’influence des contes. Des personnages colorés et une couverture à la Blackwater, que demander de plus ?

© Illustration de couverture : Antonin Faure.

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